Deal de rue

Depuis l’ouverture du poste de police à la gare en juin 2016, j’ai pu constater qu’une majorité des dealers s’étaient déplacés vers le centre-ville. Mais, ce qui est le plus surprenant, c’est que finalement, encore une grande partie d’entre eux restaient encore sur ladite place de la gare.

J’ai été interpelé par plusieurs de nos concitoyens et à de nombreuses reprises qui m’ont fait part de leur inquiétude et de leur sentiment d’insécurité en rentrant par le train en début de soirée, par exemple. Il est très fréquent que les citoyens de notre Ville se plaignent de cette situation et soulignent le manque de présence dissuasive de notre police. Sans parler des consommateurs, qui laissent trainer impunément leur matériel dans les parcs et toilettes publics notamment.

J’aimerais donc obtenir des réponses claires de la Municipalité sur ce problème récurrent qui ne cesse de s’accroitre. Quand est-ce que vous allez nous débarrasser de ce fléau qui ronge notre belle Ville d’Yverdon-les-Bains.

Ma question est donc la suivante :

L’été arrive et on peut imaginer que le problème de deal va s’accroitre durant la belle saison. Quels sont les objectifs que la Municipalité s’est fixés pour tenter d’endiguer ce problème ?

Je rajoute une seconde question :

En septembre 2016, la Municipalité confirmait la création d’une Commission sécuritaire composée de membres du Conseil communal, pouvez-vous nous dire ce qu’il en est ?

D’avance, je remercie la Municipalité pour ses réponses.

Mme la Municipale Valérie JAGGI WEPF :

M. le Conseiller, en préambule, je vous remercie de m’avoir transmis votre question, cela me permet de vous donner une réponse non exhaustive de la question et de la situation. Il est bien entendu que cela reste une préoccupation constante pour la Municipalité. Cet état de fait n’est pas acceptable pour notre Ville et il faut soulever que la problématique va bien au-delà d’un souci communal.

Les personnes auxquelles vous faites mention sont régulièrement contrôlées par la Police du Nord Vaudois et leurs papiers sont en règle, c’est-à-dire qu’ils disposent de passeport sous visa de Schengen. Pour simplifier, le visa, le passeport sous visa de Schengen, c’est comme si vous demandiez un passeport pour aller visiter un pays et vous avez un passeport de trois mois. C’est un passeport pour un touriste en fait, donc c’est ces papiers-là qu’ils détiennent. Dès lors, ils sont tout à fait autorisés à séjourner dans notre Ville. Pour ceux qui ne seraient pas en règle, donc dans l’illégalité, ils sont bien sûr dénoncés et remis à la justice. Je peux vous assurer que le corps de police fait un travail énorme dans ce domaine.

Concernant le deal, qui encore une fois n’est pas acceptable et là, parfaitement illégal, les transactions doivent être prises sur le fait. À ce niveau-là, nous collaborons étroitement avec la police de sûreté qui vient du Canton et de nombreuses arrestations ont déjà été effectuées. Cela suit ensuite les procédures de la chaîne pénale, qui, comme vous le savez certainement, ne sont pas du ressort des Communes, mais du Canton, voire de la Confédération.

Pour lutter efficacement contre cette situation, il est évident que plus nous avons des policiers dans la rue, plus nous dissuadons les consommateurs de faire leurs petites affaires. Mais une question se pose : faut-il se donner plus de moyens afin d’assurer une présence encore plus marquée de la police pour lutter contre ce fléau qui touche tous les niveaux de la collectivité, soit aussi bien les Communes, le Canton et la Confédération ?

Afin de trouver des solutions, la Municipalité a écrit au Conseil d’Etat en date du 23 janvier, afin d’obtenir un rendez-vous urgent avec Madame la Conseillère d’Etat Béatrice METRAUX, en charge des institutions et de la sécurité, du procureur général et du chef de la police cantonale. Nous avons reçu une réponse de Madame la Conseillère d’Etat, en date du 17 février, acceptant une rencontre à fixer et précisant vouloir mettre en œuvre une stratégie appropriée, tenant compte des spécificités de notre environnement. Malheureusement, aucune date n’a été proposée par la Conseillère d’Etat dans son courrier.

Depuis cet automne, un état-major de conduite, se réunissant hebdomadairement, impliquant la Police du Nord Vaudois et la police cantonale, a été mis sur pied afin de mieux coordonner les actions. D’autre part, des opérations sont planifiées avec les autres corps de police, des polices communales, afin d’augmenter la présence policière en Ville. Dès lors, la Municipalité saisi toutes les occasions possibles pour avancer dans cette situation inacceptable et je vous propose de vous donner des nouvelles lorsque nous aurons eu la rencontre avec les organes du Canton.

Concernant votre deuxième question : la mise en place d’une Commission sécuritaire a été validée fin novembre par le conseil intercommunal. Ceci touchant les articles des statuts de l’association de la Police Nord Vaudois, nous avons dû soumettre le nouvel article au SCL, soit au Canton, qui nous a demandé quelques corrections sur la forme. Nous l’avons donc renvoyé au Canton pour approbation. Leur décision devrait nous parvenir ces prochains jours et dès réception, les groupes recevront une demande de proposition de membres pour ladite Commission.

Nous sommes encore dans les temps, puisque la prochaine assemblée générale intercommunale aura lieu en juin. La Commission sécuritaire pourra donc être convoquée avant cette assemblée, comme prévu. J’espère ainsi avoir répondu à vos interrogations et ne manquerai pas de revenir à vous pour vous informer de notre rencontre avec le Canton.

M. le Conseiller Nicolas DURUSSEL :

Madame la Municipale, j’espère que tout ce que vous m’avez dit sera mis en œuvre, mais je pourrais quand même juste vous dire, il m’arrive, le dimanche, quand j’ai un petit peu de temps, je vais me promener par la gare, le centre-ville, enfin cette zone, que moi j’appelle une zone pas très jolie à Yverdon. Un jour, j’ai compté jusqu’à quarante de ces, moi j’appelle ça des vendeurs de drogues, enfin après c’est du dealer, tout ce qu’on veut !

Mais si vous me dites que ces gens-là sont légaux, comme vous dites, on les arrête, ils ont un papier, ils ont le droit de rester tant de temps. Ça veut dire qu’on est impuissant contre ça ! Ecoutez, alors moi, ça serait mieux de nous dire, parce que les mois passent, les années vont passer, on a un centre de police, c’est très bien, moi je suis tout pour la police, de toute façon il en faudra de plus en plus. Mais autant qu’on nous dise un jour ou l’autre : ces gens-là font partie du paysage, et Yverdon, je crois qu’on est la Ville la plus touchée !

Si on s’étonne que des gens ne veuillent pas venir dans notre Ville et bien je pense qu’il ne faut peut-être pas s’étonner. J’ai des gens, j’ai des amis, comme tout le monde, qui me disent qu’ils ont leurs filles ou leurs fils, les jeunes, ils n’osent plus venir à la gare à partir, je ne vais pas dire 19h mais 20h, 21h. C’est grave ! C’est grave d’en arriver là ! Je n’aime pas le terme « on est encore chez nous » non ! Mais oui, quand on habite dans une ville, on doit pouvoir aller prendre le train, on doit même pouvoir revenir en train à 23h, même le dernier train à minuit, être en sécurité !

J’entends des gens peut-être que, je ne sais pas, ils n’ont pas l’air très content de ce que je dis, mais c’est la réalité ! Et ça moi je dis que c’est une des choses les plus importantes à Yverdon que maintenant, il faut s’atteler, et sérieusement ! Parce qu’on s’habitue à cela !

Mais, je vous remercie tout de même de votre réponse, merci.

Applaudissements

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